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ILS ONT DIT   ILS ONT ECRIT...
 
Ils ont dit...
(extraits de témoignages sur ARTE - 2005)
 
Le flamenco, il faut l’écouter, le voir… plus on l’écoute, plus on le voit, plus on s’en imprègne… C’est peut être un peu difficile pour quelqu’un qui n’a jamais écouté le flamenco de l’assimiler ou de le sentir. Mais c’est un art qui te prend : plus tu le connais, plus tu l’aimes.
Antonio (Publicitaire)
 
Le flamenco était un monde fermé, surtout à l’époque difficile quand je l’ai connu, dans les années 70. Pour entrer dans une peña, un cercle ou un groupe d’amateurs, il fallait presque passer un examen. On te demandait : Tu connais telle ou telle solea ? Et si tu ne la connaissais pas, on te rejetait, tu n’étais pas admis. Cela a cessé dans les années 80, quand le flamenco a commencé à pénétrer dans les discothèques.
Juan (Spécialiste du flamenco)

Je passe environ dix heures par jour à écouter du flamenco, quand je sors le soir, je continue à en écouter, je reste dans cette ambiance. J’essaie de ne pas en sortir pour ne pas me laisser distraire.
Eduardo (Disquaire)
 
De toutes façons les artistes de flamenco ont toujours été très résistants, et peu influençables. Aujourd’hui on peut rencontrer un musicien de flamenco qui est un parfait bureaucrate, et qui dès qu’il quitte son travail, redevient flamenco. Un être inaliénable.
Joaquin (Directeur de l’académie « Amor de Dios »)
 
Il n’y pas d’heure pour le flamenco. Ce n’est pas une musique de la nuit, la nuit on est parfois fatigué. Et quand tu écoutes Camaron le matin au soleil, tu vois Dieu.
Veronica (Peintre)

Vraiment ça été comme une sorte de coup de foudre, une nuit de Noël chez moi. J’étais seule, sans mes enfants, sans personne, et comme je m’ennuyais j’ai allumé la télévision. Soudain j’ai vu un chanteur que je ne connaissais pas du tout. Il se trouve que c’était Camaron.  Ca a été si fort, ça m’a tellement touchée, qu’à partir de là, je n’ai plus eu qu’une seule envie, écouter du flamenco, écouter Camaron.

Piedad (Avocate)

Au fond le flamenco n’a pas du tout changé. Il y a  des gamins de 15 ans qui chantent des siguiriyas de Manuel Torres, il y a des gamins de 10 ans qui chantent Camaron, et d’autres qui chantent des vieux fandangos et qui ont huit ou neuf ans. Il ne me semble pas que ça ait beaucoup changé. Il y a des jeunes qui veulent transformer un peu les choses. Au fond le flamenco ne changera jamais.
Irene (Comédienne)

Reprendre un chant classique et l’enregistrer avec les moyens d’aujourd’hui et une voix jeune, pour moi c’est déjà créer. Aujourd’hui mon travail consiste à chercher des trésors musicaux qui habituellement sont interprétés magistralement par de vieux chanteurs, et j’essaie de les harmoniser d’une façon plus suggestive  afin de toucher ceux qui n’ont peut être jamais écouté de flamenco. Mais c’est toujours au chant classique, ce à quoi je m’identifie.

Le flamenco est peut être à la mode. J’espère que ce n’est pas seulement ça et que ça signifie la reconnaissance d’une musique vivante, une des plus vivantes de notre époque même si ce n’est pas de la grande musique comme il en existe  J’espère que c’est plus qu’une mode et que cela servira enfin à faire reconnaître le flamenco comme une musique de qualité qui peut apporter beaucoup de choses au monde.

Il faut arriver à l’heure, chanter quoi qu’il arrive, faire danser, savoir voyager seul… bien des choses ont chanté. Un chanteur aujourd’hui doit connaître parfaitement les classiques parce qu’il doit chanter pour la danse. Il  doit connaître les rythmes et le cante mais aussi pouvoir chanter n’importe quelle musique, se souvenir des mouvements, car on ne danse plus seulement à l’inspiration., beaucoup de gens ont des chorégraphies, font des travaux de recherche et de développement et le chanteur suit tout cela.
Rafael Jimenez (Falo) Cantaor)


Le succès du flamenco est absolument justifié. Ce qui m’étonne c’est qu’il ait tant tardé parce que c’est une  musique très  passionnée, très vivante, elle va donc très bien avec la jeunesse. Ce qui m’étonne c’est que le succès ait tant tardé à venir.
Bertran (Etudiant)


Ce qui est beau c’est qu’à notre époque on parle de « fusion ». Le flamenco est totalement ouvert  à toutes les inventions et au partage. Il a de la majesté et de la personnalité. Les échos du passé sont en moi. Ils ne viennent de personne en particulier. La forme de plainte, la manière de sentir à cette époque, était si pure, si pleine, si inégale, si égale,  si parfaite, qu’on en est assez loin maintenant. De nos jours on fait des choses plus jolies, plus élaborées.
Diego Carrasco (cantaor)


La vie a changé. Il faut s’y adapter et sentir le flamenco et le chanter comme on vit aujourd’hui ; on  ne peut pas chanter le flamenco comme au XIXème siècle ce serait idiot. On mange et on ne s’habille plus aujourd’hui comme au siècle dernier.
Juan (Spécialiste du flamenco)


Les jeunes se trompent. Ils veulent tous enregistrer un disque de flamenco mais la plupart ne peuvent pas le faire parce qu’ils ne connaissent pas le flamenco. Ils ignorent d’où vient Ketama. Ils croient que Ketama s’est fait du jour au lendemain. Ils ignorent qu’on est nés sur la scène flamenca. On a joué avec les stars et les autres, les grands artistes que personne ne connaissait.

Il est clair que l’évolution actuelle va créer des différences visibles entre nous et nos enfants… Si dans vingt ans un cantaor chante une siguiriya avec une crête sur la tête, on dira : « mon gars, nous on était comme ça… ». S’ils continuent à écouter Marchena et Camaron et les anciens, alors très bien, qu’ils innovent ! Mais que la base du flamenco ne soit pas oubliée.

On a souffert un temps, on voulait faire un disque et c’était très difficile. On voulait faire des concerts et on ne nous laissait pas. Il n’y avait pas une demande pour ce type de musique. Maintenant ça va, on profite du boum. C’est le contraire. Tout le monde veut être flamenco, faire la fiesta, être ami avec les flamencos, les Gitans. On voudrait que ça ne soit pas une mode passagère, comme celle des pantalons à pattes d’éléphant, mais qu’on prenne conscience que le flamenco et les Gitans appartiennent à une culture qui est plus qu’une mode. C’est une culture du cœur et de l’âme. On devrait lui accorder le respect qu’elle mérite.
Ketama


Les racines de Ketama sont les nôtres. Ils se sont inspirés de mon frère Juan et de moi, et maintenant ils ont trouvé leur voie Ca me semble intéressant, c’est une musique de qualité. Tous les trois sont capables de jouer une solea ou une buleria. C’est important de maîtriser cela, et puis c’est beau.
Pepe Habichuela (Tocaor)


Tout change à tout instant mais tout reste pareil. Le flamenco aussi. C’est comme un fleuve qui est le même mais dont l’eau n’est jamais pareille.
José Luis (Illustrateur).


Je n’ai jamais répété. J’ai toujours improvisé selon les rencontres. Tu chantes, je danse ! J’exprime les sentiments, de n’importe quelle façon. Quand on danse dans la rue, il faut montrer qu’on est quelqu’un… Le sentiment, la pureté… La danse flamenca a toujours exprimé une douleur.
El Farruco (bailaor)


Je n’approuve pas la manière actuelle de s’habiller parce que je pense au flamenco d’avant. Les danseurs s’habillaient avec élégance avec de beaux vêtements… Mais bon, à chacun son style…
Farruquito (bailaor)


Les bras sont tenus comme les cornes d’un taureau, on les voit du coin de l’œil, ni plus haut, ni plus bas. Et les bras des hommes bougent moins que ceux des femmes. L’homme doit faire moins de gestes. Quant je danse, quand je lève un bras, ce simple mouvement suffit à me satisfaire et à séduire le public qui crie : olé !

El Farruco (Bailaor)


De nos jours, les danseurs sont comme des athlètes, ils doivent être entraînés. Le flamenco ce n’est plus comme avant, la fête, le vin… On a beaucoup changé… Mes danseurs doivent se lever tôt, dès dix heures du matin, six à huit heures par jour… Et pour être un artiste pas seulement un danseur –car un danseur doit être aussi un artiste-  pour être un danseur artiste, il faut mener un vie différente de celle des jeunes de 17, 18 ou 19 ans.
Antonio Canales (Danseur-chorégraphe)



Chaque chose arrive en son temps. Les musiciens font un travail sérieux. Par ex dans le cante il y a Enrique Morente qui fait un travail très sérieux et qui ensuite ajoute d’autres instruments, des chœurs, et mélange ça avec du jazz, de la fusion. Ça continue à être du flamenco. C’est différent mais c’est du flamenco.
Mercedes (Artiste flamenca)


Beaucoup de choses se sont perdues et bien plus disparaîtront. C’est la vie. Mais on disait que c’était la fin du flamenco déjà au siècle dernier. Déjà des intellectuels en débattaient, et écrivaient des livres sur la fin du flamenco. Après cela, il y a eu la Niña de los Peines, Pepe Marchena, Camaron de la Isla, Paco de Lucia… Montoya ! Si ce n’est pas suffisant ! Carmen Amaya ne savait pas danser peut-être ?
Enrique Morente (Cantaor)


Nous les cantaores d’aujourd’hui, on ne nous prend pas pour des êtres humains. C’est comme si on était des arbres chevelus… Mais on n’est pas des drôles de bestioles qu’on étudie à la loupe… On est des êtres humains comme les autres avec leurs petites habitudes quotidiennes.

Le flamenco d’aujourd’hui est dans le monde d’aujourd’hui. On ne peut pas demander à un gamin de jouer le flamenco d’il y a cent ans. On ne sait même pas comment c’était !
Enrique Morente (Cantaor)


Le chant, plus que la guitare et plus que le reste, doit être un don. La voix ça ne s’apprend pas, ça ne s’acquiert pas avec des cours. On l’a ou on ne l’a pas.

Je n’ai pas d’autre chemin que d’être spontané, de faire ce que me proposent mes amis, les artistes, dans la mesure où j’en ai envie. Je n’ai pas de chemin tout tracé, je ne sais pas où je vais. Pour moi le seul chemin c’est celui du « cante jondo ». A partir de là, je fais ce que je sais faire. Je fais simplement attention à ce que mon travail reste toujours dans la perspective du « cante flamenco ».
Enrique Morente (Cantaor)


Le flamenco, si ceux qui ne sont pas gitans ne le comprennent pas, s’ils n’ont pas cette sensibilité, ça ne sert à rien.
Chelo (Choriste)


Le flamenco est une musique magnifique, qui malgré des origines lointaines, a réellement pris sa forme définitive seulement au début siècle dernier, en Andalousie, au sein d’une communauté marginale où se côtoyaient en parfaite harmonie chrétiens musulmans juifs et gitans. C’est là dans cette différence culturelle qu’on trouve sa véritable source avec comme principal auteur l’esprit artistique et très individuel de chaque membre de cette société marginale ;

La flamenco raconte toujours à la première personne une histoire vécue. Et c’est en pleine époque romantique que les chants et les danses andalous prennent leur essor et deviennent une authentique fête publique.

L’arrivée en Espagne d’un grand nombre de voyageurs venus essentiellement d’Angleterre, de France et d’Italie, et désireux de mieux comprendre l’essence même de l’art andalou, donnent au flamenco ses lettres de noblesse, le hissant au statut d’art professionnel à part entière. Un art qui surprend par son authenticité, sa richesse musicale et littéraire. Un art à vocation universelle.
Francisco Rabal (Acteur)


------ Ils ont écrit…


"Couleurs et techniques du flamenco dans la guitare classique" (Rafael Andia)

"Guitare flamenca avatar du baroque" (Rafael Andia)

"Le flamenco et ses valeurs" (Frédéric Deval)

"La documentacion sobre el flamenco" (Ana Maria Tenorio Notario)

"La guitarra flamenca actual" Ponencia presentada en el XXIX Congreso Internacional de arte flamenco, Algeciras, 5 de septiembre del 2001. 



 
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bulletLe Flamenco Art ou Folklore? Intro
bulletEtymologie
bulletHistoire et Origines
bulletClassification du Cante: L'Arborescence du Cante.
bulletClassification du Cante/ 1ère Partie: Les Chants Primitifs et leurs dérivés.
bulletClassification du Cante/ 2ème Partie: Les Fandangos et Dérivés.
bulletClassification du Cante/ 3ème Partie: Les Chants Flamenquisés d'origines diverses.
bulletPalos et Compàs
bulletLa trilogie du Flamenco: Cante, Baile, Toque.
bulletLe Duende - Rites individuels et rites collectifs
bulletIls ont dit... Ils ont écrit... sur le Flamenco
bulletGlossaire du Flamenco: De A à J
bulletGlossaire du Flamenco: De M à Z

 

 
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