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CLASSIFICATION DU CANTE

2ème Partie : Les Fandangos et leurs dérivés.


LES FANDANGOS :

Génériquement, l'appellation "fandango" regroupe un bouquet de chants très large et très varié. A l'origine, le fandango apparut comme une danse, mais de nombreuses variantes le transformèrent en chant à écouter, d'origine locale ou régionale.

L'origine du mot fandango est incertaine. Danse espagnole à trois temps au mouvement vif ? Ou bien le fandango est-il, comme la jota aragonaise, d'origine mauresque ? Car le fandango possède, dans sa forme originelle, des ressemblances avec la Zambra arabo-andalouse et la musique mozarabe. Il s'est étendu dans toutes les régions d'Espagne au point de devenir au XIXe siècle chants et danses nationaux par excellence.

Le fandango est à l'origine de presque tous les toques qui composent le répertoire moderne du cante, et dans la grande famille du fandango flamenco, on retrouve 3 groupes distincts : les chants de Malaga ou malagueñas, les chants du Levant et des Mines, et les chants de Huelva.


LES CHANTS DE MALAGA OU MALAGUEÑAS

Les Malagueñas : Elles sont d'une grande richesse musicale, d’une grande puissance expressive et d’une grande variété de styles, apparus dès le fin du XVIIIe siècle. Les malagueñas dégagent une forte intensité émotive, et peuvent être d'une solennité et d'une musicalité très surprenantes. Le chant por malagueña connut ses premières heures de gloire au temps des cafés-concerts, et il est aujourd'hui encore remarquablement interprété par des cantaores de grand talent, qui à travers leurs couplets, savent si bien en exprimer le "désenchantement" et la douleur, (écouter une Malagueña)

Les malagueñas peuvent être traditionnellement suivies par de tourbillonnants Verdiales aux accents tintés d’un rien d’amertume… (écouter des Verdiales) (écouter des Verdiales avec castagnettes)


LES CHANTS DU LEVANT ET
DES MINES

L'appellation Chants du Levant comprend tous les styles propres à Grenade (granaina et media granaina), d'Almeria (tarantas, tarantos et fandangos), de Jaén (tarantas), de Murcie (cartageneras, tarantas, fandango minero, mineras, murcianas et levanticas), Dans l’ensemble, ces cantes se distinguent des précédentes par le charme persuasif de leur mélodie et la sensualité de l'harmonie. Notons également que le rythme cesse d'y exercer sa "tyrannie": il est permis au chanteur de le déterminer librement, la guitare se contentant alors de soutenir la voix d'un rasgueado furtif ou d'un tourbillon de notes.

La Granaina: "Ce sont les devises coufiques brodées sur les murs des gynécées de l'Alhambra; c'est l'écriture à jambages idéographiques des grilles de la Capilla Real; c'est l'écheveau de veines arachnéennes dont sont historiés, la sacristie de la Cartuja, les agates et les marbres… Telle est la granadina, mosaïque de rythmes et de délices, toujours humide de larmes. Elle est le royaume fragile et enchanté du regret" (Georges Hilaire). On dit que la granaina serait un chant provenant de la flamenquisation d'un type de fandango populaire de la région de grenade, avec toutefois certaines de ses formes mélodiques qui dénotent encore une large dépendance à l'égard des mélodies d'origine arabe. (écouter une granaina)

La Media Granaina, quant à elle est une création d’Antonio Chacón, qui, se sentant à l'étroit dans la granaina, développa les bases de ce chant en donnant libre cours à ses capacités et aux brillantes sonorités de sa voix. La media granaina est l'un des modes de prédilection des chanteurs gitans car ce type accompli de chant flamenco exprime une brève mais intense tragédie dont la gamme expressive est particulièrement riche: volupté du malheur, rébellion doucement réprimée, renoncement baigné de regret, deuil indicible… (écouter la media granaina de Chacon)

    Quiero hartarme de llorar;
    Dejarme un momento solo,
    Dejarme que ponga flores
    A esa tumba tan sagrada,
    Recuerdo de mis amores…

Les Chants des Mines, quant à eux, sont le fruit de la terrible souffrance du mineur, de la tragédie qui chaque jour l'attend dans les entrailles de la terre. Ces chants sont riches en nuances et recèlent d'énormes difficultés à la fois musicales et techniques. Les vers sont longs et d'un parcours mélodique particulièrement sinueux. A la fois libéré et livré à lui-même par l'absence de la mesure, sans aucun appui rythmique, le chanteur doit vaincre les difficultés pas à pas, vers après vers. Ces chants exigent des voix claires et brillantes, des chanteurs d'une technique consommée avec notamment une excellente maîtrise de la respiration.

La Taranta doit peut-être son nom au mot "tarantela", ou alors est-ce un dérivé de "taranto", adjectif populaire qui désigne les natifs d'Almeria. Son origine se trouve dans la flamenquisation de quelque fandango populaire d'Almeria. C'est un chant dont l'interprétation est libre, ce qui permet au chanteur de prendre des initiatives en fonction de ses propres qualités.

La taranta est un chant sobre, dur et viril, qui débute par une sorte de "verset" répétitif, nostalgique et compliqué et la virtuosité peut pousser un chanteur à transformer la taranta en pur exercice de vocalise, piège qui reste bien entendu à éviter absolument.

La taranta, c’est la lamentation traditionnelle du mineur qui maudit sa solitude car il a pour toute compagne une chandelle … "y la salida; no la encuentro…", la sortie est introuvable…(écouter une Taranta)

Autre chant de mineurs étroitement apparenté au précédent: La Minera. Elle s'échappe des galeries souterraines au prix d'une modulation saccadée, entrecoupée, forcenée. Elle est plus anxieuse encore que la taranta. (écouter une Minera)

    La vida para aborrecerte,
    Si estuviera en mi agonía,
    Yo no lo consenteriría.
    Mejor prefiero la muerte
    Que dejar de quererte un día.

Chant méditerranéen, la Cartagenera est une plainte qui, chantée sans accompagnement et tout en quart de tons, rappelle les plus émouvantes cadences du cante jondo. (écouter une Cartagenera)

Avec la Murciana, la délectation tragique s'arrête, et le paradis terrestre entr'ouvre ses portes.


FANDANGOS DE HUELVA ET FANDANGOS PERSONNELS

Si n'importe quel recoin d'Andalousie a son fandango propre, fruit de coutumes ancestrales profondément ancrées dans le terroir, c’est à Huelva qu'ont fleuri les styles les plus variés, qui, provenant d'une même source, présentent cependant de claires différences mélodiques et tonales, qui ont donné naissance à un large éventail de styles différents.

En ce qui concerne les Fandangos de Huelva qui formeraient uniquement une petite branche de l'arbre touffu du cante, 68 modalités ont été reconnues, beaucoup avec le nom de leur créateur, d'autres avec seulement celui de la ville de naissance, d'autres enfin complètement anonymes, et qu’on regroupe sous la dénomination de Fandangos Personales. (écouter un Fandando local) + (autre Fandango local); (écouter un Fandango personne-de Cepero) + (autre fandango personnel-de Caracol)

 

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bulletLe Flamenco Art ou Folklore? Intro
bulletEtymologie
bulletHistoire et Origines
bulletClassification du Cante: L'Arborescence du Cante.
bulletClassification du Cante/ 1ère Partie: Les Chants Primitifs et leurs dérivés.
bulletClassification du Cante/ 2ème Partie: Les Fandangos et Dérivés.
bulletClassification du Cante/ 3ème Partie: Les Chants Flamenquisés d'origines diverses.
bulletPalos et Compàs
bulletLa trilogie du Flamenco: Cante, Baile, Toque.
bulletLe Duende - Rites individuels et rites collectifs
bulletIls ont dit... Ils ont écrit... sur le Flamenco
bulletGlossaire du Flamenco: De A à J
bulletGlossaire du Flamenco: De M à Z

 

 
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BY FADIA YARED